Pendant longtemps la majorité municipale attendait que l'opposition ait rédigé son texte pour Orléans.mag, afin d'y répondre plus ou moins habilement. Plutot moins que plus, d'ailleurs. Les conseillers en communication ont du dire à not'bon'maire que ça faisait mauvais genre, alors il a changé de tactique : ce mois-ci, la parole est donnée au shériff, Florent Montillot.
Florent Montillot se pose des questions. Incroyable ! Ne vous réjouissez pas trop vite : il ne se pose aucune question sur la politique municipale, mais il râle tout haut, car il trouve anormal que l'opposition s'en pose, elle, des questions, et même qu'elle les pose tout haut.
Dans le domaine de l'urbanisme, la voix de son maître se réjouit de la "transfiguration" du centre ville, bien conscient que la ville travaille là, d'abord, pour satisfaire son électorat. Il nous parle ensuite "de la réalisation ambitieuse" du GPV de La Source, bien conscient là encore que la démolition sans reconstruction de centaines de logements réduira les risques électoraux. Quant aux autres projets urbains cités "Ilot de la Rape, quartier Sonis", chacun pourra voir que le type de logements construits est destiné à une partie de la population dont le vote est moins risqué pour l'équipe en place. Et d'ajouter un argument de poids : la population s'est pressée à l'exposition d'urbanisme ! Il n'a pas du lire les commentaires publiés dans la presse...
Dans le domaine du sport, le shériff est scandalisé par le fait que des opposants se soient exprimés sur la conduite inacceptable de not'bon'maire lors d'un match de l'Entente. Là encore, il aurait du lire la presse : La Rep', aussi bien sur son blog, que dans son édition quotidienne, a montré combien la population avait été choquée par le comportement de notre premier magistrat.
Dans le domaine de la sécurité, le shériff se glorifie des chiffres de la baisse de la délinquance. Hormis le fait qu'il faudra bien qu'un jour nous connaissions les sources précises de ces chiffres, il oublie de dire que si les atteintes aux biens ont en effet baissé, les aggressions sur les personnes ont augmenté : à Orléans, comme dans le reste du pays. La politique sécuritaire, les arrêtés municipaux, la vidéosurveillance, tout cela protège les biens de ceux qui en ont. Mais le citoyen n'est plus protégé en tant que tel: encore plus d'aggressions, encore plus d'insultes, encore plus de menaces ! A force d'utiliser la violence de la répression, en méprisant la prévention, on installe la violence tout court. Sarko en a fait la démonstration, le shériff aussi.
Alors se plaindre que l'opposition dénonce tout cela, c'est plus que pitoyable, et c'est oublier... que nous sommes en démocratie.
Vendredi 9 juin 2006
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Publié dans : La démocratie et la citoyenneté
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