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Elle a sans doute une petite trentaine d'années.
Elle habite dans un autre département de la région, mais vient plusieurs fois par semaine à Orléans, par le train.
Elle vient voir "son homme", le père de ses enfants. Elle a rendez-vous avec lui toujours à la même heure, pour 2 ou 3 dizaines de minutes. Parfois, elle amène leurs enfants.
Le petit garçon ne peut pas apporter la petite voiture avec laquelle il aime jouer. Et pour la petite, impossible de venir avec une couche de rechange.
Rien, il ne faut rien.

Alors on se débrouille. On cache. Des bonbons dans les plis d'une robe un peu large. Et pour améliorer l'ordinaire, elle apporte parfois un kebab ou un pâté à la viande. Tout petit, planqué. Si les surveillants le trouvent, son homme et elle seront bons pour un mois de parloir "hygiaphone".

prison-orleans.jpg

Son homme est là depuis plus de 6 mois, et il ne sait pas encore quand il sera jugé.
Même si elle sait qu'il sera sans doute condamné, il sortira de la prison d'Orléans peu de temps après son jugement, car il aura déjà purgé sa peine, "en préventive". Mais pendant des mois, son petit garçon, sa petite fille, et sa jeune femme auront, eux aussi été condamnés à vivre les "dommages collatéraux" de cette privation de liberté.

Par sa faute à lui, évidemment.
Par sa faute à lui, sa femme aura pris des risques, commis des petits délits.
Mais aussi par la faute d'un système judiciaire et pénitentiaire qui ne sait pas condamner les coupables sans condamner aussi leur entourage.
Et qui, pire encore, condamne l'entourage, avant même que les juges ne se soient prononcés.

A Orléans, début août, ils étaient 77 à attendre leur jugement derrière les murs hideux de la maison d'arrêt. 77 prévenus, et 134 détenus condamnés, pour 105 places.

photo CDG

Vendredi 10 août 2007 5 10 /08 /Août /2007 14:50
- Publié dans : La sécurité
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Commentaires

Graves problèmes en effet que ceux des délais de jugement et des conditions d'incarcération. Espérons que la hausse promise (+4.5% en 2008) du budget de la Justice et la future loi pénitentiaire auront un impact concret sur cette situation qui n'est pas acceptable ds un pays comme le notre.
Commentaire n°1 posté par Romain le 10/08/2007 à 16h58
Je connais personnellement le maire de Baule, Michel Ollivier ... lui aussi de gauche, comme vous. Il est l'époux de la cousine germaine de mon épouse (c'est un peu compliqué ...).
Commentaire n°2 posté par Jacques Heurtault le 10/08/2007 à 18h07
Christophe,

Désolée mais inaceptable.

Tu expliques qu'il sortira en même temps que son jugement, qu'il a mérité sa peine. Tu dis que c'est à cause de lui que sa famille en est là. Les enfants surtout... GRR... Grosse colère, pour moi, il est 2 fois coupable, il a oublié sa femme et surtout ses enfants. Et ses enfants, il se fiche de comment ils vont grandir. Non, non, non et non, les mis en cause n'auront aucune pitié de ma part et, plus grave, s'ils ont charge de famille. Là, j'invite les JE ou JAF a statuer. J'aimerai qu'ils se calent sur les juges de correctionnelle et condamnent. Maintenant, c'est gentill de dire que c'est de la faute du pénitenciaire. Trop facile. Mon cher Christophe, cet avis de "Bobo" ne met en colère... encore plus contre ceux qui oublient leurs enfants et ceux qui pensent que le sort des enfants est lié à autre chose que la responsabilité des parents. Le "c'est de la faute de la société" me fatigue pour le moins... 

cher Christophe, c'était ma colère du jour !
Commentaire n°3 posté par GABRIELLE le 10/08/2007 à 21h30
Chère GABRIELLE,
Soit nous ne nous sommes pas assez vus, soit cela fait trop longtemps, mais me voir en "Bobo", cela ferait rire ceux qui me connaissent :-)
Mais je maintiens, comme le font toutes les organisations d'observation de la condition pénitentiaire, que les effets sur les familles des conditions de détention, s'ils sont d'abord - et je l'ai écrit, et ré-écrit - de la responsabilité du délinquant, sont en France - et spécifiquement en France - terriblement agravés par le manque de considération avec lequel on traite les familles.
Cela n'est pas dû au travail du personnel pénitentiaire, qui fait ce qu'il peut, mais bien à la conception même qu'on a de la délinquance : on trouve normal, et vous aussi apparemment, que les familles des délinquants soient considérés comme co-responsables du délit. C'est quasiment unique en Europe !

Et comme on dit parfois au MoDem "ça fait un peu RPR" ;-))

Mais avant de piquer la deuxième colère du jour, attendez, chère GABRIELLE, les articles suivants sur le même sujet !
Réponse de CDG le 10/08/2007 à 22h17
Chère Gabrielle,
Ta colère se tient, sauf que... CDG décrit le quotidien ordinaire d'un des 77... prévenus : présumé inocent tant que non reconnu coupable, comme tu le sais.
Christophe ne dis pas qu'il n'y a pas faute, il dit juste que la famille, l'entourage est puni doublement. Par l'acte de celui qui est emprinonné ET par les conditions de détention qui contraignent l'entourage à des procédés inhabituels.
On n'est pas obligé de trouver JUSTE que la femme, les enfants d'un prévenu souffrent, quelles qu'en soient les causes !

Quant aux effectifs de la prison d'Orléans, ça fait frémir : tout habitant du Loiret est passé au moins une fois dans ce coin : c'est tout petit ! Comment fait-on tenir autant de monde là dedans ?
Commentaire n°4 posté par Fansolo le 10/08/2007 à 22h23
Je rappelle que depuis plus de 20 ans tous les grans plans de construction de places de prison ont été fait par la droite...comme quoi on n'est pas si antihumaniste que vous le dîtes.
Commentaire n°5 posté par Romain le 10/08/2007 à 22h29

Tu as raison Romain... mais tu oublies de préciser que depuis toujours, c'est la droite qui a réduit toutes les possibilités d'alternatives à la prison et qui les a donc remplies... Or toutes les études démontrent que la récidive est beaucoup moins forte chez ceux qui ont eu une peine alternative.

C'est d'ailleurs pour cela que les peines planchées sont une absurdité sans nom, faite uniquement pour flatter l'électorat conservateur. L'évaluation faite par les experts estime à 10 000 détenus supplémentaires le résultat de cette réforme géniale. Génial !

Réponse de CDG le 11/08/2007 à 06h18
Romain, sans doute parce que "la droite" mise plus sur la répression, que sur la prévention, et que malheureusement, on ne soigne encore une fois pas la cause. Cela risque de créer une spirale infernale, et le nombre des prisons construites ne sera encore plus suffisant dans quelques années... Je noircis le tableau... Pas sûr. 
De plus, voir le post de Jean Pierre Sueur sur son blog après sa visite du 1er août à la prison, "Il y a à Orléans comme ailleurs une insuffisance de vacations psychiatriques et il est clair qu’un certain nombre de personnes détenues à la maison d’arrêt devraient être prises en charge au sein d’un hôpital psychiatrique", phrase qui prête à discussion, je vous l'accorde, quant à la remise en cause de l'impartialité des juges, cependant il doit y avoir un peu de vrai là dedans.

GABRIELLE, respire !  imagine toi cependant 2 minutes dans la situation de cette femme, son homme qu'elle aime, qu'elle a pardonné ou qu'elle croit innocent, en préventive. Imagine toi pendant 6 mois, dans l'attente du jugement, sans pouvoir soulager la "peine" de ton homme. Te considérerais tu comme une victime de ton homme ou comme une victime de la loi ? S'il avait respecté la loi dès le départ, s'eut été plus simple je te l'accorde, mais ce n'est pas le cas, alors maintenant, ne peut t on pas s'interroger sur les droits de la famille des détenus, d'autant qu'il me semble que le détenu garde l'autorité parental sur ses enfants sauf dans certains cas ? et mettre en avant comme le fait CDG (un peu mièvre à mon goût tout de même) une aberration du système.
Pour ce qui est du sort des enfants qui n'est que de la responsabilité des parents et la société n'y serait pour rien, je suis extrêmement partagée, quand tu vois que dans une même famille des frères et soeurs peuvent avoir des "sorts" totalement différents. Il ne faut certes pas reporter la faute toujours sur les autres, mais les facteurs extérieurs rentrent à mon sens forcément en ligne de compte dans la construction d'un être humain.   
 
Commentaire n°6 posté par Ella Pator ? le 11/08/2007 à 00h08
Bon, je passe de Bobo à mièvre... je m'améliore ! :-)
Réponse de CDG le 11/08/2007 à 06h21
Et pourquoi il attend son jugement??? De quoi est-il présumé coupable??

Maintenant, c'est pas un hotel, quand ont arrive dans ce genre de d'endroit c'est bien qu'il y a une raison!!!

Commentaire n°7 posté par ROBERT le 11/08/2007 à 10h18
Ah ben c'est sur !
Et y'a pas de fumée sans feu ! Et si ce n'est toi, c'est donc ton frère ! Et tant va la cruche à l'eau...
Réponse de CDG le 11/08/2007 à 11h08
Il me semble que le bracelet electronique est apparu sous le dernier quinquennat..non?
 De plus, des centres éducatifs fermés spécifiques aux mineurs, et leur évitant la prison, ont été créé. Toutefois pas en nombre suffisant (je devance vos critiques ).
Commentaire n°8 posté par Romain le 11/08/2007 à 11h51
Pas de chance, cher Romain, c'est la loi du 19 décembre 1997 qui institua le Placement sous Surveillance Electronique (PSE), à l'initiative d'Elisabeth Guigou, garde des sceaux.
Quant aux Centres Educatifs Fermés (CEF), Dominique de Villepin, en 2003 en a promis une centaine d'ici 2006... Or, si tout va bien on atteindra péniblement les 50 fin 2008 !
Il ne suffit pas de faire des lois : il faut des moyens !
Réponse de CDG le 11/08/2007 à 12h40
Mais non, Christophe, tu n'es ni mièvre ni bobo... parce que même quand c'est très grave, je ne peux m'empêcher de caricaturer et "Bobo", je me suis dis que tu allais réagir un peu (;-)... Mièvre, je sais que non, car vu qu'on a eu l'occasion de "s'opposer" dur", je sais que tu sais "tenir ton bout de gras entre les dents", comme moi, et ce principe me va. Des vrais Bobos à gauche, j'ai des noms, et rassure toi, il y a de la marge entre eux et toi et tant mieux.

Bon, je reste :
Ella, je n'aurais jamais choisi de partager ma vie avec un homme malhonnête ou déloyal, ou si, je me fais avoir quand même, il le gicle... Position dure, certes, mais ma conception de la famille, c'est que c'est sacré et plus encore quand il y a des enfants...

Christophe, je m'étonne que tu n'aies pas compris que ma colère concernait la position dans laquelle se trouve contrainte les familles de mis en cause. Justement, c'est ça le terrible et alors c'est pourquoi j'ai enfoncé le clou sur le 1er responsable qui est le mis en cause et bien sûr, il convient, mais seulement après, de discuter des conditions de vie des familles plongées dans un drâme pareil.

Devenue professionelle du social et en fait, du social dur, je suis confrontée à ce problème : les familles dont l'un d'entre eux est en prison. Ma réponse est très floue, trop floue d'ailleurs. L'histoire du pardon dont parle Ella est beaucoup plus compliquée que cela. La marge est très étroite entre le Pardon et la Caution des faits et est très difficile à déterminer. Pour ma part, je n'y suis toujours pas arrivée. Néanmoins, je lie les 2 concepts. Etonnant non ! 

Aussi, une autre question : aimer au point de pardonner l'innaceptable qui met en danger des enfants pour toute leur vie. A l'adulte resté libre d'y réfléchir...

Je sais que même la ligue des Droits de l'Homme épingle les conditions de détention et d'accompagnement des détenus en France. Alors, quoi faire ? reprendre la basique connu dont j'ai décelé quelques points dans les messages précédents : la Droite pour la répression, la Gauche qui laisse tout faire... 
Les quartiers paient aujourd'hui cette opposition montée par les vrais Bobos de droite et de gauche, pas toi mon cher christophe, je redis... Christophe, nous les filles, quand on voit un gars un peu susceptible, on trouve ça drôle et... on en rajoute !!! C'est un truc de filles !

Reprise du sérieux : Au Social, le plan de Cohésion sociale est efficace s'il est appliqué par des acteurs sociaux responsables, bref qui choisissent de rassembler et surtout arrêtent d'opposer et, plus encore ,qu'ils ne mentent pas au public des quartiers, ne serait-ce que par omission. Mais pour ça, ils commencent par arrêter de se mentir à eux mêmes, bref, préférer voir, le verre à moitié plein. Dur, dur, ce que je dis mais, la logique est hélas là... Alors "comment qui faut qu'on fait ?" : 

Les peines planchées ? Réponse oui mais jamais quand on est infichu de traiter la problématique globale judiciare qui englobe Magistrature, Pénitentiare, Police et Gendarmerie car on ne fait que déplacer de problème, voire pire, l'agraver.

Et aussi, le temps passant, les mineurs, aidés par les majeurs, sans doute, sont entrés dans la logique de Grand Banditisme alors... et oui, c'est terrible, mais, les meurtres ou tentatives de meurtres par des mineurs doivent être sanctionnées très gravement. On ne tue pas. Même à 16 ans... Peines planchées aussi, car les récidives d'horreur en tout genre même à 16 ans, c'est pas possible...

Alors les réponses de la gauche : 
- Police de proximité qui, en substance : on joue au foot et le lendemain on interpèle. Tout le monde se perd et surtout les quartiers. On ne construit pas de prison et de toutes façons, le principe d'établissements intermédiaires restant dans les dossiers depuis 20 ans chez vous, intégrant aussi des dénis de société, ne me fait pas espérer une réponse avant des années... En attendant, les quartiers tombent... Et les mamans vont avec leurs enfants voir les papas en prison dans les conditions qu'on connaît..

Les réponses de la droite : Là, je souris très fort... Mr BEDIER dont c'était la mission n'a rien fait et pour cause... Là aussi, on observe une autre sorte de dénis de société alors on cache et on enferme toujours dans les conditions qu'on connaît...

Une autre réponse : déjà remettre de l'ordre, ne serait-ce que dans nos têtes et intégrer ces 3 rpincipes dans cet ordre là :
1 - SOCIAL
2 - PSYCHIATRIQUE
3 - PENAL

En clair, quand le social est en échec, on doit pouvoir faire intervenir une réponse psychiatrique. On a, au combien, observer, toutes les casses mentales chez ces mis en cause. Et pareil si échec après, le pénal intervient. Aucun de ces 3 concepts n'est à remettre en cause dans son efficacité mais en France, et surtout la politique française, aime tellement couper les choses en rondelles que l'on continue à se tromper. Voire, plus grave, on aime tellement opposer les choses que non seulement on se trompe mais, nous même, on casse. Alors les quartiers dans tout ça... Ben, heu, ça va mal...

Bizarre autant qu'étange ni l'UMP ni le PS n'a envisagé de mettre en place une vraie réforme de la Psychiatrie, ce que je peux comprendre. Car là aussi, on tout vu, et surtout c'est très compliqué car si la psychiatrie était une science exacte, ça se saurait mais, le Social et Le Pénal, sont ils des sciences exactes et ça marche quand même...

Donc là encore, Chers Tous, JE REPETE : ARRETEZ D'OPPOSER ET DE COUPER LES CHOSES EN RONDELLES... Et surtout.... quand on aborde la douleur "des accompagnants" ce qui est juste, on pense aussi aux victimes et, Cher Christophe, je rêve de te lire dans un article de... 30 lignes au moins... à propos des victimes qui sont seules pendant des années à ne pas comprendre ce qui leur est tombé dessus un jour alors qu'ils ne sont responsables de vraiment rien.

Mon Dieu ! La vie n'est pas toujours un long fleuve tranquile ! Mais on s'organise !!!
Commentaire n°9 posté par GABRIELLE le 11/08/2007 à 13h31
Maintenant, c'est pas un hotel, quand ont arrive dans ce genre de d'endroit c'est bien qu'il y a une raison!!!

@Robert,
Vos propos me choquent profondément. 

"c'est bien qu'il y a une raison"  ; j'aimerai tant vous croire ! C'est bien pour vous si vous avez une telle confiance dans le système français.
J'espère qu'il ne vous arrivera jamais ce qui a pu arriver à un ami qui a fait 4 mois de préventive par simple présomption de "complicité d'association de malfaiteur". Il avait le malheur d'être dans le carnet d'adresse d'un receleur pris en "flag'"...

De lenteurs administratives en lenteurs d'enquête, il a finalement été remis en liberté avec retard devant et devant un dossier absolument creux et vide, a bénéficié d'un non lieu. Il n'a évidemment pas claironné sa mésaventure sur tous les toits.

Qu'on dit autour de lui les "gens honnêtes" comme vous ? "il n'y a pas de fumée sans feu", "il l'a bien cherché", "de toute façon, les juges savaient ce qu'ils fesaient : il a payé pour d'autres affaires encore plus louches"...

Sa vie brisée, il l'a eu comme ça "pour rien". J'ai gardé la lettre qu'il m'avait fait parvenir durant sa "préventive" : "je suis innocent" martelait-il. "Ils disent tous ça" ajouteriez-vous sans doute ??

Je suis d'accord avec vous sur un point, ses 4 mois, il ne les a pas passé "à l'hôtel". Il a suivi un vrai stage de harcèlement "au frais de la princesse"...

Robert, vous qui devez suivre les séries américaines, vous devez savoir que le système français de l'incarcération préventive n'est pas un modèle universel : dans l'attente d'un jugement, la privation totale des libertés ne s'impose pas dans tous les cas. Il faut savoir remettre en cause ce système.
 Dans le cas de figure que je décris : il était évident que le dossier d'inculpation de mon ami était creux. Mais le système n'osant pas le connaître, ça a duré anormalement.
Ces cas sont nombreux et votre formulation me paraît plus que dangereuse...
Commentaire n°10 posté par Fansolo le 11/08/2007 à 14h22
Mais oui FANSOLO, c'est bien connu, vous êtes le seul à qui il est arrivé des choses horrible... BOOOO je pleure!!! 

Faut arrêter là, quand on ne connait pas la vie des gens et je ne vous parle pas d'amis d'amis... on ferme sa bouche !!!

Merci
Commentaire n°11 posté par ROBERT le 11/08/2007 à 17h03
Oups, je vous présente mes excuses CDG, j'aurai dû écrire : "ce billet est un peu mièvre à mon goût, car il me semble qu'il aurait pu taper plus fort en indiquant par exemple quels sont les lois et fondamentaux bafoués dans cette histoire". Je ne vous connais pas, et j'essaie autant que faire se peut d'enfermer dans un coin de ma tête le coté humain qui pousse à juger les autres. C'est donc bien le billet qui subissait la critique et non vous.

Merci GABRIELLE pour ton commentaire argumenté qui pose effectivement un début de réponse saisissant. 
Sais tu que les personnels contractuels les plus mal payés dans le domaine médical sont les employés des hopitaux ou cliniques psychiatriques. Trop peu de personnel ayant la vocation, trop peu de moyen depuis toujours, les laissez pour compte de la société parce qu'ils sont encore tabou !
Lever le tabou déjà, ensuite le psychiatrique pourra prendre toute sa place dans "le système" judiciaire.
Sur le plan de cohésion social : je pense qu'il a été mis en place non pas pour les banlieues mais juste pour se donner bonne conscience.
Et oui, les familles des victimes et les victimes elles mêmes... la aussi reste un énorme tabou à lever : celui de l'humain qui pleure. La société est elle prête a accepter que les victimes affichent publiquement leur douleur ? La pudeur qui est aujourd'hui la norme sociale ne devrait elle pas être reléguée aux oubliettes : la communication est salvatrice. 

ROBERT, si j'ai bien compris vous n'êtes jamais d'accord avec tout ce qui est écrit sur ce blog. Ne serait il pas temps de nous proposer dans ce cas des réponses argumentées pour que nous puissions discuter et essayer de communiquer, au lieu d'attiser la "haine" ?     
Commentaire n°12 posté par Ella Pator ? le 12/08/2007 à 16h37
Ella,
Excuses évidemment acceptées !
Réponse de CDG le 12/08/2007 à 18h16
Hey... Robert, changes ton tee-shirt Marcel. Tu transpires et la bière, ça tache !...
Commentaire n°13 posté par GABRIELLE le 12/08/2007 à 22h46
Et si on en revenait au fond du problème?
Quel est-il? La punition (mais oui!) que la SOCIETE inflige au coupable dans le but
1. de signifier clairement au coupable qu'il a des comptes à rendre à la SOCIETE. C'est le premier sens de la sanction PENALE.
2. de dire à la SOCIETE et donc à chacun de ses membres que les coupables sont sanctionnés VRAIMENT. C'est le second sens de la sanction PENALE.
3. de dire aux victimes et à leurs ayant droits que le coupable doit les indemniser en réparation du préjudice qu'il a provoqué. C'est le sens de la sanction CIVILE qui suit la sanction pénale ... 
Il ne faut pas mélanger les problèmes ni les solutions imparfaites qui y sont apportées ...
Il n'est pas question ici ni d'amendement du coupable ni de vengeance de la socété et surtout pas de vengeance des victimes à l'encontre du coupable!
C'est dans cet esprit que je préconise, sur mon blog, la supression des jurys populaires et la non représentation des parties civiles au procès pénal mais seulement au procès civil!
Commentaire n°14 posté par Jacques Heurtault le 13/08/2007 à 00h06
@Jacques Heurtault : oh pardon ! Monsieur le professionnel (en fait je n'arrive pas à savoir) qui n'avez cure des élucubrations de profanes qui essaient juste de débattre sur les sciences humaines.
C'est GABRIELLE qui va être contente de trouver une personne du MoDem qui arrive encore à saucissonner les problèmes. Elle nous a fait pourtant une belle démonstration de ce qu'un problème pris dans sa globalité a plus de chance d'être résolu que si on ne le prend que par le petit bout de la lorgnette.
Vous nous ramenez au fond du problème, enfin celui que vous avez perçu, de part votre entendement, comme étant l'unique fond du problème (alors que les fondements me semblent bien se trouver ailleurs, mais je ne sais plus de quoi on parle...) .
Vous pensez, je suppose (je n'ai visiter que la première page de votre blog), comme une bonne partie de la doctrine que le jury populaire a perdu tout son sens au pénal du jour où l'arrêt a pu être frappé d'appel (2000) et qu'en le supprimant la justice gagnera de.... de quoi au juste ?
Et si la solution (à quoi au fait) était là, vous ne pensez pas qu'elle aurait fait beaucoup plus de bruit que cela et que notre nouveau gouvernement si serait précipité.
Pour résumer, je pense que vous vous êtes trompé de billet pour venir évoquer ce sujet à part entière.
 
Commentaire n°15 posté par Ella Pator ? le 13/08/2007 à 22h00
Ella, 

Le point de Jacques HURTAULT sur le "purement pénal" est juste. Il est à, BIEN SUR, inclure dans le déroulement global, PAS COUPE EN RONDELLES, que j'ai donné. Merci Ella

Reste à discuter du principe des jurys, Assises ou Civil. Le Droit Civil est archi compliqué pour un jury donc ça ne me paraît - je dis paraît - pas opportun.

Jacques, je crois qu'il ne faut pas confondre parties Civiles (le droit des victimes) et le procureur qui représente le droit de l'Etat.

Vous avez compris que je défends en priorité absolue les victimes alors, bien sûr que oui, les victimes doivent être défendues par la Partie Civile. Je pousserai même le bouchon à proposer que les frais d'avocat des parties civiles puissent être pris en charge par l'Etat.

Les jurys d'Assises, les avis sont très partagés entre moi et mon entourage... Pour moi, responsabilité trop lourde pour la faire porter à des profanes, pour d'autre (...) rôle de modérateur du jury d'Assises... Le bon sens populaire... Il existe de ces aquittements qui sont arrivés grâce aux jurys en contradiction avec les textes....
On est très très sorti du sujet de départ mais cette parenthèse "purement pénale" est utile.
Commentaire n°16 posté par GABRIELLE le 13/08/2007 à 22h24
GABRIELLE,
En effet, on s'est éloigné du sujet de départ, mais ça n'est pas très grave...
Je crois par contre que le problème de la justice, et le sentiment d'inefficacité qu'elle a et que les citoyens partagent beaucoup, n'a que peu à voir avec les deux questions du jury d'assises et du déroulement du jugement civil.
Je crois que le problème est d'abord, et avant tout, un problème de moyens de la justice. Et d'abord pour les affaires jugées en correctionnel, qui sont celles qui concernent l'immense majorité des justiciables.
C'est l'échec de cette justice là qui donnent aux citoyens le sentiment d'être abandonnés par l'institution.
C'est sur cette justice quotidienne qu'il faut faire porter l'effort : des magistrats, des greffiers, des moyens pour les peines alternatives, et aussi des prisons, du personnel pénitentiaire. Sans parler, évidemment, de tout ce qui devrait être en amont et qui manque : les moyens de la prévention.
Réponse de CDG le 14/08/2007 à 08h50

Je poursuis le débat engagé ... (j'adore ça!). Je précise que je ne suis pas unprofessionnel de la Justice (ni avocat, ni juge, ni quoique ce soit en rapport avec les professions judiciaires. 
1. Je ne confonds pas le rôle du procureur et le rôle de la "partie civile". Le procureur représente bien les intérêts de la "Société" et la "partie civile", c'est bien les victimes ...
2. On entend très souvent dire, lors d'un procès d'assises mais aussi en correctionnelle, de la part de la partie civile, qu'elle veut que le coupable paie. Il est clairement sous-entendu, dans ce propos, l'idée d'une sorte de vengeance exécutée par les pouvoirs publics. La partie civile sera, en quelque sorte, satisfaite si le coupable et condamné à une peine jugée par elle suffisamment lourde ...
3. Je maintiens que ce ne doit en aucun cas être le "problème" de la "partie civile". je sais que, en écrivant cela, je vais être largement incompris. Je le regrette par avance mais ça ne me fera pas changer de position de principe. Il n'y a pas d'autres moyens, courants, pour réparer un prejudice subi, que de verser de l'argent à la victime ... C'est au coupablecondamné de verser cet argent. Encore faut-il que les sommes versées soient autre chose qu'un misérable dédomagement de quelques 10.000 euros pour un meurtre .... car c'est souvent à ce prix que se  tarifie la vie d'un être humain car, habituellement, on tient compte de la solvabilité du coupable! pu, pire encore, de la "valeur" de la victime .... 
4. La procédure pourait donc être la suivante :
a). absence des parties civiles au procès pénal. Je maintiens qu'elles n'ont rien à y faire .
b). Fixation de la condamnation CIVILE du coupable (évaluée en espèces sonnantes et trébuchantes).
c). Paiement par l'ETAT de la dite somme afin que les victimes soit indemnisées rapidement que le coupable soit solvable ou pas.
d). liquidation des biens du coupable afin que l'Etat se rembourse de l'avance faite aux victimes.
e). En cas d'insolvabilité du coupable, mise aux "travail forcé" avec confiscation des gains opérés par l'Etat au profit des victimes à due concurrence des sommes dues au titre de la réparation des dommages causés.
Suis-je plus explicite comme ça? 

Commentaire n°17 posté par Jacques Heurtault le 14/08/2007 à 22h25

Je poursuis ...
Je récuse l'argument du rôle modérateur du jury populaire ... En général, c'est l'inverse que l'on risque en vertu de l'adage très réactionnaire "Vox populi, vox Dei!". Il n'est pas douteux que si un réferendum avait lieu sur le rétablissement de la peine de mort, il aurait une majorité assez nette en sa faveur, aujourd'hui encore ...
Quant aux problèmes des moyens, il ne concerne que le fonctionnement des tribunaux et le travail de réinsertion des coupables condamnés ... (ne pas confondre avec le travail du coupable!). De ce point de vue, je suis hostile à toute condamnation "aux dépens" (c'est à dire aux frais du procès). La Justice ne doit pas être "rentable"! l'impôt payé par les citoyens doit, naturellement, pourvoir au financement de la Justice. Le budget actuel de la Justice doit donc être encore généreusement augmenté ... 

Commentaire n°18 posté par Jacques Heurtault le 14/08/2007 à 22h38
Interessant débat que celui proposé par M. Heurtault.
Je ne cesse de m'interroger sur ce concept de "justice idéale" : existe-t-il des pays où cela fonctionne mieux qu'en France ? Oui, sans doute...
Des pays où l'approche se fait selon la manière décrite par Jacques Heurtault ? J'ai peur malheureusement, qu'en terme de moyens, la Justice soit souvent délaissée un peu partout...
Commentaire n°19 posté par Fansolo le 15/08/2007 à 14h01

@Jacques Heurtault, et puisque le débat est ouvert... 
Oui vous êtes plus clair, il manque cependant la partie "gains" des mesures que vous préconisez. Je crois comprendre, gain pour la partie civile car, paiement ipso facto par l'Etat.
Sur la partie jury populaire, "Vox populi, Vox Deï" ne me semble pas réactionnaire mais plutôt historique. Les révolutionnaires n'ont pas été jusque boutistes, ils ont fait avec ce qu'ils pensaient être le courant de l'époque. 
Aujourd'hui nous pourrions par exemple  transformer "l'adage" en "voix du peuple, voix de la société moderne", (je ne suis pas très inspirée ce soir...) : ce qui n'était pas pris en compte à l'époque peut l'être à ce jour pour ne pas oublier que la Loi est souvent devancée par la doctrine et la tolérance de la société par rapport à ce qui est accordé par le législateur (et ce même en matière pénale).
Est-ce des plus honorable que de condamner un être humain à la prison à perpet. (ou à la peine de mort...) en ne tenant compte que de ce qui est écrit dans les textes, sans tenir compte  de l'éventualité de l'erreur (humaine). Pensez vous qu'un juge et ses deux assesseurs puissent prendre une telle responsabilité sur des textes désuets, sans tenir compte des modifications de la société, ce qu'elle a admis au fil des temps comme acceptable et qui n'a pas encore été légiféré ? risque à courir, ou défit pour le législateur dans sa capacité à réagir ? ce n'est pas mettre la responsabilité à charge du peuple - le jury n'étant, je vous l'accorde, que rarement représentatif de la population globale - mais bien donner au citoyen la possibilité de rappeler que la Loi doit évoluer avec son époque. De plus, le juge présent est garant, me semble t il du respect des droits fondamentaux de la société.

Concernant les moyens : si l'on considère que le domaine de la justice ne recouvre que les administrations judiciaires, vous êtes dans le vrai, mais à mon humble avis, nous sommes, jour après jour, chacun, responsable de l'évolution de la société et des crimes qui y sont commis, chacun à notre niveau : parents de, enfant de, époux de, voisin de, citoyen de...

Alors justice en tant que système hermétique, ou comme concept global ? 
Que ce soit en France où ailleurs, que ce soit dans la France d'aujourd'hui ou d'hier, la justice est instituée pour rendre la vie "sociétable" et donc, à mon sens, définie en temps et en heure par la société elle même et non par un code étriqué dans son contexte (la société du moment) le lecteur (subjectivité de l'interprétation) et son auteur (le gouvernement représentant à un moment T une population "X").
Sur la présence des parties civiles au pénal : je ne suis pas sûre que ce soit un débat, puisque fondamentalement, le droit implique qu'une indemnisation, qu'elle soit issue d'un préjudice moral ou d'un"presium doloris" , ne s'exerce que si ce préjudice est avéré. Qu'il y ait ou non présence de la partie civile, aura t il une incidence sur le fonctionnement de la justice , ( à part peut être amputer les avocats d'une partie de leur ressources ?)

La justice idéale, Fansolo, est sans aucun doute comparable à un gouvernement idéal : assez utopique. Le jury populaire, permet, à la différence il me semble de l'assemblée nationale, d'avoir a minima une présence obligatoire pour la représentativité de la collectivité citoyenne, mais là un autre débat est...     

   

Commentaire n°20 posté par Ella Pator ? le 15/08/2007 à 23h12

Bonsoir,
Je suis tombé sur ce blog suite au lien donné dans le blog de la rep sur "où mettre la nouvelle prison d'Orléans". Je ne peux accepter le commentaire de certaines personnes ici sans réagir.
Visiblement, pour la plupart un prévenu en prison est forcément coupable de délit. Je souhaite sincèrement à ces personnes de ne jamais un jour être obligées d'aller en prison, car c'est une situation qui peut malheureusement arriver à n'importe qui, à ses proches parents, à ses amis. Et je sais personnellement ce que c'est, que de subir un sentiment d'injustice, de se retrouver à cet endroit alors qu'on n'a rien fait de mal, simplement parce qu'on s'est retrouvé à un mauvais endroit au mauvais moment, ou dans le carnet d'adresse d'un malfaiteur, Comme l'ami de Fansolo.
Je ne souhaite pas à ces personnes qu'un jour elles soient harcelées pendant 96h en garde à vue, dans une cellule dégueulasse dans des conditions lamentables où on est surveillé 24h/24 avec une caméra et de la lumière, d'avoir le sentiment d'avoir perdu son honneur, d'avoir failli perdre un emploi stable et son salaire, etc...non seulement le psychique en prend un sacré coup, c'est ensuite le regard des autres qu'il faut affronter en sortie de prison alors que la justice s'est "trompée" (oui ça arrive de se tromper, c'est des êtres humains derrière cette justice après tout) , on ne peut malheureusement pas empêcher les autres de penser du mal de vous. C'est une histoire qui marque profondément notre esprit, quelque soit la durée de la détention. ça n'a absolument rien d'agréable.

J'espère que le jour où vous, vous vivrez également cette "mésaventure", votre regard sur les prisonniers changera complètement. Alors s'il vous plait, soyez humains, ne mettez pas tout le monde dans le même sac. Dites vous bien que les premiers à condamner et à faire la leçon de morale ne sont pas forcément les premiers à respecter leur propre leçon ! Cessez donc de porter un jugement sur des gens que vous ne connaissez pas ! merci de m'avoir lu et merci pour ceux qui ne méritent absolument pas votre colère ou votre rejet ! 

Commentaire n°21 posté par nathalie le 21/10/2007 à 22h32
Ma vie à basculé en janvier 2006. 1 an de prison. Tentative de suicide, droques et vol en prison. A ce jour toujours pas de date de jugement. La justice s'est embalée. Elle m'a maltraitée ma famille et moi. Je suis innocent et légalement présumé innocent.

Ils ont détruit ma vie. Je commence juste à reprendre une vie active. Physiquement et moralement je suis épuisé. Plus la force de me défendre. Je sais maintenant que je ne pourrais pas être innocenté quand on connaît les grandes erreurs de la justice. Cette dernière a du mal a reconnaître ses erreurs. Sur Orléans c'est une caste intouchable qui se protège.

Je suis passé par ces mur miteux à 3 par cellule. Avec une petite fenêtre tout en haut il fallait mettre la chaise sur les tuyaux et se ettre sur la pointe des pied afin de voir les murs. Le pire la cour. Exigu et étroi a faire étouffer... Nourriture abjecte si tu n'as pas de quoi cantiner.

Un  bruit de clef et de porte que j'entends toujours. Et depuis je n'aime plus sortir de chez moi. Je reste cloîtré.

Oui il y a des innocents en prison  certain qu'on accuse à tort de pédophile (c'est à la mode). Bien sûr j'ai cottoyé la pire raclure (pédophile, assassin crâpuleux, magouilleurs en tout genre, grossiste de drogue, et plein de petits merdeux sans compter les malades mentaux... Oui j'ai goûté à la drogue dure en prison alors que je viens d'un quartier où cela est répandu et que je fuyais, oui je me suis drogué pour oublier avec du shite, de l'héro et des médoc. Je n'ai rien fais entrer de l'extérieur tout était déjà sur place. Oui je ne crois plus à cette justice de merde, je ne crois plus en cette société, je ne crois plus en la France... Et l'identité nationale ne veut plus rien dire pour moi.

Oui ils m'ont détruit ce n'est pas encore fini, depuis 2005 que ça dure ça a trop duré...

Tous les matins j'avais du mal à me regarder en voyant où j'étais
Commentaire n°22 posté par uncitoyencommevous le 08/12/2009 à 00h11

L'auteur

 

Christophe Desportes-Guilloux (CDG)

43 ans
Orléanais d'adoption et militant socialiste

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