Les fiches de comportement dont j'ai parlé ici, arrivent aussi en couleur.
Ainsi, pour les "mauvais éléments", la fiche est toute rouge !
Je ne réussis pas à croire qu'avant l'invention de ces "cartons rouges", on ne signalait pas aux parents les mauvais comportements de leurs enfants...
Et si quelques critères sont indiscutables, d'autres comme
"Mange dans la cour" ou
"joue dans les toilettes" ou pire
"Se sauve dans des lieux non autorisés" me laissent
plus que rêveur ! Quels sont les professionnels qui ont mis cette liste au point ?
Les commentaires faits sur mon article précédent, ont montré que personne ne sait bien d'où ça vient... même pas l'élue présente au conseil d'école, semble-t-il.
La responsable de secteur, contactée, n'est pas disponible :
"elle est souvent sur le terrain". On attendra donc un peu avant d'en savoir plus...
Mardi 13 novembre 2007
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08:57
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Publié dans : L'éducation
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Et si on mettait en place la même chose pour les élus orléannais, peut-on croire qu'ils accepteraient ?????
Je serais encore gamin, entre les cartes pokemon et les figurines starwars (quoi ? qui a demandé pourquoi le conditionnel ?) je chercherai à toutes les collectionner !!!
Je serais capable de fiche exprès le bazar à la cantoche pour ramener une belle red-collector-card qui déchire !!!
Ben oui... Le procédé et la forme sont très discutables, je suis bien d'accord.
La couleur aussi, car elle choque, et met sur un pied d'égalité de gravité les différents manquements listés... ce qui n'est évidemment pas le cas.
On imagine rapido la réaction de parents normaux d'un minot normal (ni sage ni pas sage, un minot quoi), qui aurait sorti ses cartes yu-gi-oh dans les toilettes et qui aurait pris un carton rouge pour ça...
la RUE aussi.Que fait l'adulte dans ce cas-là ? Alors qu'il est responsable de tout un groupe de mômes, de vos mômes !!
MAIS...
Ben oui, je sais, je dis "mais"...
Les écoles d'Orléans, pour certaines (je ne souhaite pas généraliser, mais il y en a) peuvent être TRES TRES difficiles à gérer. On y trouve des cas de misère sociale et affective incroyable, des pitchounes complètement paumés qui appellent au secours en faisant des trucs INIMAGINABLES.
Dans la cour, à la cantine, en classe, les enseignants et les équipes du péri-scolaire gèrent beaucoup trop de conflits en même temps. Et pas que de petites disputes.
Les parents, pour certains, sont à ce point révoltés par leur situation sociale et familiale personnelle qu'ils se révoltent contre tout ce qui représente l'état, donc l'école aussi.
Désobéir au maître ou au référent cantine devient presque une façon d'être bien vu par ses parents, quand ils s'en soucient. Parfois, leur situation est telle que l'école leur passe bien au-dessus... ... ...
Que faire alors sur le terrain ?
AUGMENTER les EFFECTIFS de PERSONNEL EDUCATIF, pour gérer les enfants par plus petits groupes et apporter un confort auquel, pour le moment, ils n'ont pas accès sur certaines écoles.
Avez-vous déjà géré les copains de vos enfants à un anniversaire ? Combien en supportez-vous en même temps dans votre salon ?
Le problème est exactement le même pour les structures qui gèrent des enfants pendant que les parents travaillent : plus les locaux sont grands pour un groupe donné (question d'espace vital, si vous voyez de quoi je parle. La différence entre 5 minots dans votre salon, et 10...), plus il y a d'adultes pour gérer, mieux cela se passe.
Or, sur le temps de cantine, les personnels sont mal formés (Certains ont bénéficié d'une formation à force de la demander à la mairie d'Orléans mais de quelle durée et de quelle qualité ? Très discutable. ). Ils sont, surtout, beaucoup trop peu nombreux. Savez-vous le temps moyen accordé à chaque enfant en maternelle vu le temps de repas et le nombre d'adultes pour gérer ?? Je n'ai plus le chiffre en tête, je ne veux pas dire de bêtises, mais c'est dérisoire, et tout à fait insuffisant pour couper la viande et faire le minimum que vous attendriez pour vos enfants.
Du coup, quand on bosse avec des enfants en grande souffrance (Ils sont plus qu'on ne le croit dans certaines écoles... Je ne connais pas le cas de l'école Charles Pensée, indiquée ici sur l'entête du carton rouge, mais j'en ai d'autres en tête, et pas forcément en zone prioritaire... Le nombre d'enfants avec troubles graves du comportement est effrayant.) comment gérer leurs crises ?
OUI, ils se sauvent dans des lieux non autorisés !! Ils appellent au secours. Et quels lieux non autorisés ? Les classes, les couloirs...
De là à faire ce carton rouge, bien sûr qu'il y a un pas qui n'aurait pas dû être franchi. Mais il traduit non pas la volonté de nuire, mais le DESARROI des personnels encadrants.
Ils n'en peuvent plus. Quand ils signalent des problèmes de comportement aux parents, certains réagissent très bien, et acceptent l'autorité des personnels sur le temps de cantine, mais d'autres fois, les parents se moquent d'eux, et du coup, les enfants n'écoutent plus, et montent le niveau de dangerosité de leurs actes, pour appeler à l'aide.
Donc ma réaction n'est pas : "OUH, que c'est mal !!!"
Ma réaction est : "Que ces personnels doivent souffrir pour en arriver là !!"
Que fait Serge Grouard en effet ? Pourquoi n’entend-il pas, depuis des années, quand ses personnels de terrain, ou les référents de ces personnels, lui font remonter qu’il faut PLUS de personnel encadrant, qu'il faut revoir les locaux d'accueil ?
Pourquoi l’expression de leur souffrance ne le fait-il pas bouger ? En tant que leur employeur, ne leur doit-il pas protection ?
Aah, bien sûr, on me dira qu’il a bougé : Il a mis en place, avec M. Montillot, une cellule de veille éducative impitoyable et même tyrannique, pour menacer les familles en difficulté. Répression, répression… Et le soutien, et l’aide, et l’écoute, et l’attention, et la considération pour les familles qui ne s’en sortent pas ?
Bien souvent, elles n’ont pas appris à s’en sortir, parce que les parents ont eux-même été des enfants non éduqués par des parents en souffrance immense…
Leur taper dessus est-il LA solution ? Moi, je fais le pari de l'éducabilité, y compris des parents démissionnaires.
Bref, ce CARTON ROUGE doit nous faire nous poser des questions en effet.
Mais je dirais plutôt :
« Pourquoi en est-on arrivés là ? »
et :
« Que faire pour aider les personnels qui ne s’en sortent pas ? » qui passent bien sûr par :
« Que faire pour aider les minots qui ont des troubles du comportement importants ? »
Sur ce, merci de l'existence de vos blogs citoyens.
Bien à vous,
Polyborus.
je suis d'accord avec vous : ce procédé nous pose à tous des questions. Votre constat de la dureté des conditions de surveillance des enfants est bon mais comme vous dites : comment en arrive-t-on là ?
Là : ça veut dire quand même surtout mettre en place en douce et sans concertation aucune avec les parents, les enseignants, le rectorat, les associations, un dispositif absurde et réactionnaire !
Sans se cacher derrière son petit doigt, il faut dire quands même que l'actuelle municipalité nous a caché les problèmes à coup d'artillerie lourde montillesque, aussi disproportionnée qu'inadaptée...
Le résultat est là : impitoyable et sans appel pour les équipes en place : aucune concertation, aucun débat et une "mesure" abjecte sortie d'on ne sait-z-où, au mémpris de toutes les règles de la démocratie locale...
Ca fait vraiment peur !
Démocratie ? Ah oui, démocratie, qui sert à donner les clés de la mairie, de fermer les yeux pendant 6 ans, et de constater les dégâts au bout du compte ...
Y a t-il une vrai démocratie dans certaines communes de l'AgglO, vue ce que l'on met en place dans les cantines d'Orléans ?
Je sais, je sais, j'entend en ce moment souvent le même refrain : mais Sarkozy, Grouard et les autres ont été élus démocratiquement !!! Alors, laissons les faire ... Faut-il laisser faire et ne rien dire, même si OUI le vote des élus est démocratique, ou faut-il mettre une "veille" sur tout ce qu'ils nous font ? Vaste question, débat lancé lors de la présidentielle par Ségolène Royal mais déjà oublié ...
Alors merci CDG de nous proposer ce genre d'article qui nous éclaire vraiment sur certains aspects de la politique de la ville d'Orléans. Malheureusement, ce genre d'infos n'arrivent pas souvent dans les bureaux des journalistes, ou sont-il aveugles devant l'énormité de certaines infos ?
Mais bon c'est bien triste quand meme
Vous pensez et écrivez (Fansolo par ex) que ces billets de comportement ont été mis en place sans aucune concertation...
En êtes-vous sûr tout d'abord avant de l'affirmer ?
Ensuite, vous citez des exemples :
Aucune concertation :
Avec les parents : question : avez-vous vérifié auprès des délégués de parents d'élèves ?
Avec les enseignants : lorsqu'il y a des difficultés sur le temps de cantine, l'école peut en être informée, mais il s'agit là du temps repas qui est un temps "mairie", donc il n'est pas du tout obligatoire de consulter les enseignants.
Avec le rectorat : pardon mais on parle ici d'une école, pas d'un collège ou d'un lycée. On n'a donc pas affaire au rectorat mais à l'Inspection Académique. De plus, si un personnel de terrain payé par la mairie consultait l'I.A. pour ce type de billet de comportement, je pense qu'on lui répondrait que cela ne concerne pas l'I.A., vu que ce n'est pas un temps "scolaire" mais "périscolaire".
Avec les associations : lesquelles ? Aucune n'intervient sur le temps de cantine pour aider les personnels des écoles difficiles sur Orléans : ?
Il a été écrit quelque part que l'élu(e) au conseil d'école de Charles Pensée n'était pas au courant de cette mesure. Cela vous surprend tant que ça ?
Depuis quand informe-t-on un(e) élu(e) d'une grande ville comme Orléans de toutes les mesures prises sur le terrain pour tenter de résoudre une partie des soucis de comportement à la cantine, alors même que la mairie vous a déjà répondu qu'il n'y aurait pas davantage de personnel, voire même qu'il y en aurait moins (suppression des postes de remplaçants par exemple) ?
Avez-vous seulement bien regardé ces billets ? Est-il quelque part indiqué qu'il remontera à la mairie ensuite ??? Non.
Je pense que cela n'a rien à voir avec la veille éducative de ce Môôssieur Montillot.
Il est indiqué le service dont fait partie la personne qui l'a construit : l'action scolaire. Pourquoi ? De façon à ce que les parents sachent d'où cela vient, et ne confondent pas un temps "mairie" avec un temps "école".
Le fait que l'enfant signe n'a rien de révoltant : il doit agir sur son comportement, et non le subir. En signant un petit document avec ses parents et la responsable de la cantine, il prend conscience de l'importance de ses actes, positifs ou négatifs.
Il existe un gros mot pour cela : on appelle cela la métacognition. C'est l'une des bases de l'apprentissage pour devenir citoyen. Ou comment prendre du recul sur ses propres actes et réfléchir en prenant conscience de ce qu'on fait. Je trouve que c'est un procédé trop intelligent et trop constructif pour venir des pontes de cette mairie.
Je crains que depuis le départ de tout ceci, vous ne vous soyiez trompés de combat, que vos sentiments à l'égard de M. Grouard et ses élus ne vous égarent.
(M. Grouard que je respecte ici parce que j'écris sur un blog public, mais pour qui j'ai fort peu d'estime, à tous niveaux, et sur la plupart des sujets dont je suis au courant sur la commune, tant sur la gestion des services municipaux que sur les liens avec les assos, la politique culturelle, la "sécurité", etc etc etc)
Je crains que vous ne jetiez la pierre à du personnel de terrain qui essaie de s'en sortir quand ses appels au secours ont été ignorés par les élus.
Parce que je vous le rappelle, la mairie d'Orléans qui est à blâmer, c'est celle qui est composée des élus, pas les personnels.
Et très franchement, je le répète, je doute que ce soit quelqu'un d'en haut qui ait pondu ceci tout seul ! Celui ou celle qui a écrit cela est trop au courant des différents soucis possibles sur le terrain dans le comportement de l'enfant. Et il ou elle est également trop conscient qu'il faut tout autant le réprimander quand il fait des bêtises que le féliciter quand il a fait des progrès ou des efforts (voir le billet blanc en bas à gauche).
Bref, j'ai mon idée sur la question, et je vous tiens au courant dès que j'en sais plus.
Que l'on trouve regrettable d'en arriver là, et la forme proposée, soit.
Mais je n'y vois aucune malice. Juste un moyen certes maladroit d'essayer d'arranger les choses.
A confirmer donc...
Bien à vous,
Polyborus.
autant je suis d'accord avec votre premier commentaire (que je reprendrais bien Coté boulevard), autant je ne peux pas laisser dire que faire signer un papier à un enfant est une solution à quoi que ce soit. Je trouve ça vraiment choquant.
La signature est une chose d'importante, si on commence à faire signer n'importe quoi aux gosses, que signeront-ils une fois adultes ?
Je vais faire une réponse en plusieurs étapes, en espérant m’expliquer au mieux, sur un sujet à l'évidence un peu difficile, parce que cela touche notre sensibilité à tous vis à vis des enfants.
Je suis allée aux informations directement à la source (non, je ne parle pas du quartier d’Orléans Sud ;-) ), c’est-à-dire auprès du personnel de cantine, et auprès de la référente en question.
Je peux donc vous dire : ouf ! que je ne m’étais pas trompée (tant qu’à faire, éviter de dire des bêtises sur un blog public !) : ces billets n’ont rien à voir avec le maire et ses conseillers, il s’agit bien d’une initiative CONCERTEE prise par du personnel de TERRAIN.
Je précise, au cas où certains se poseraient la question, que je ne suis en rien mêlée à ces billets de comportements, ni aux cantines d'Orléans, j'ai juste une connaissance que je pense intéressante du terrain, me permettant d'avoir un avis et des infos. Mais bien sûr, ça vaut ce que ça vaut.
1/ Petit PREAMBULE sur la signature de l’enfant :
Je vois bien que nous ne sommes pas d’accord sur cette signature. Je vais essayer de vous expliquer mon point de vue, ce en quoi je crois profondément, sans toutefois penser être réac, même si je suppose qu’on le devient en vieillissant, je vous promets que j’essaie de ne pas virer ainsi… :-)
Pourquoi demander à l’élève de signer ce billet ?
Je ne trouve pas, comme vous dites, Miguel, qu’on lui fasse signer « n’importe quoi ».
Signer, c'est lui permettre de mieux réaliser ce qu’il a fait, et les conséquences de ses actes, positifs ou négatifs.
Je me doute que vous ne réalisez pas où certains en arrivent.
Prenons le cas d’un enfant qui se bat tous les jours, tous les jours, dans la cour. Il frappe parce qu'il s'exprime ainsi (on ne lui a jamais appris à faire autrement). Il ne se rend pas compte que c'est grave, et pas compte non plus qu’on peut faire autrement.
Le fait de signer un puis deux puis trois documents montrant qu'il a frappé et que cela lui est reproché, va l'aider à comprendre qu'il DOIT se contrôler à l'avenir, de façon à ce que ses mains partent moins vite, et que, petit à petit, il frappe moins, voire, on peut l'espérer, plus du tout.
Vous noterez que sur le billet de félicitations, n’est pas récompensé uniquement l’enfant qui a été parfait, mais aussi l’enfant qui a fait des efforts et des progrès.
On ne reste donc pas sur l’erreur, on insiste sur le progrès, sur la capacité de l’élève à s’améliorer.
2/ Le QUOTIDIEN du TEMPS REPAS dans beaucoup d’écoles (pas toutes, bien sûr) :
Je vous campe le tableau, pour que vous compreniez mieux ce que je veux dire :
Imaginez-vous : la cantine, 90 mômes (ça ne fait pas beaucoup, à peine 3 classes et demie), des adultes qui s'en occupent.
Du bruit évidemment, puisque les enfants parlent, commentent la journée, le repas, etc... C’est bien naturel.
Et puis... Eh bien on n'est pas forcément dans la petite maison dans la prairie !
C'est-à-dire ?
Bidule jette du pain sur ses copains,
pendant que Chouette crache dans le pichet d'eau,
ce qui fait hurler de dégoût Machine,
pendant que Chose crie
parce que son voisin a mis la main dans son assiette de purée
et que Muche donne une coup de poing sur le nez de sa voisine parce qu’elle a dit des choses sur sa mère…
Bien sûr, Truc insulte la dame de cantine ( ! ) parce qu’elle lui a refusé le droit d’aller pour la 3ème fois parler à son copain de la table d’à côté pour des échanges de cartes Yu-gi-oh.
Bref, rien que de l'ordinaire quoi...
Et évidemment pendant ce temps-là, Machin, dont je parlais plus haut, frappe ses deux voisins, parce qu’il est comme ça… quand il ne part pas en courant dans les couloirs puis dehors parce qu'il a vu les sourcils froncés de l'instit qui passait par là et qu'il en a marre de tous ces gens qui ne le comprennent pas...
Les adultes reprennent, grondent, mais aussi essaient de rester positifs et souriants, parce que c’est très important… Mais le nombre d’adultes encadrant diminue, diminue, sous prétexte que le budget baisse… (là, je vous dis la réalité d’Orléans) Et pourtant, la référente cantine, qui est responsable d’un secteur de plusieurs écoles, vient très souvent, et heureusement, car on manque de personnel, et ce jour-là, ça fait une personne de plus, parce qu’elle s’implique à fond pour les minots… et heureusement pour tout le monde qu’elle est si humaine…
Mais… l’adulte n’arrive pas à être partout à la fois pour reprendre chaque enfant qui a fait une bêtise, pour lui expliquer que non, on ne peut pas faire ça…
Au bout d’un moment, de plusieurs semaines, de plusieurs mois, d’autres élèves constatent que les copains ne se font pas toujours gronder parce que l’adulte est occupé (et pas seulement à couper la viande du petit)… Alors ils se disent : moi aussi, j’oserais bien faire quelques bêtises… Oh, rien de grave, mais cela en fait donc encore plus à gérer…
Et puis, bien sûr, le premier, celui qui est violent, il ne va pas mieux, parce qu’on n’a pas le TEMPS de le reprendre SYTEMATIQUEMENT (c’est-à-dire toutes les 2 minutes), de lui parler, un peu à l’écart des autres, pour lui expliquer qu’il doit apprendre à communiquer autrement, que c’est possible… Il augmente donc la gravité de ses bêtises, et ne frappe plus seulement les enfants, mais aussi l’adulte… Il insulte les copains… qui réagissent…
Je continue ?
Vous imaginez alors dans quel état arrivent les enfants en classe l’après-midi ? Et ce qu’ils mettent en place à la récré ? Et ce qu’ils continuent à mettre en place à la récré du lendemain matin ? Et donc encore à la cantine suivante ?
Le serpent se mord la queue… et ça fait de plus en plus mal.
3/ Que faire alors ?
Comme je l’ai dit dans un précédent message, il FAUT du personnel. Cesser de dire que ces personnels sont des privilégiés puisqu’ils sont payés par une collectivité, et au lieu de baisser le budget, parce que ça coûte cher (mais les conséquences de ce laisser-aller ne coûtent-elles pas encore plus cher à la société qui se construit ???), l’augmenter au contraire. Embaucher, et embaucher sur des critères de qualification ou de qualités humaines réelles, pour que cela soit efficace. Former si nécessaire, et avec une formation de qualité.
Revoir les salles de restauration également pour que ce soit plus convivial, moins bruyant :
On supporte mieux une salle moyenne avec 15 enfants qui parlent en mangeant que une grande salle avec 90… Je ne dis rien d’extraordinaire… C’est même une évidence.
Il FAUT qu’il y ait des adultes en nombre suffisant pour reprendre SYSTEMATIQUEMENT les minots en cas de manquement, sans crier, mais fermement. Avoir la possibilité (puisqu'il y a assez de monde présent) de prendre un élève à part, pour lui parler, lui ré-expliquer la règle, même si, du fait qu'il s'est battu et qu'il est énervé, cela doit prendre 10 minutes (et donc mobiliser un adulte pour un seul enfant pendant ces 10 minutes)…Mais si la mairie ne met pas le paquet là-dessus, que fait le personnel de terrain en sous-effectif ???? Il fait CE QU’IL PEUT… Et réfléchit à une solution pour tenter d’arranger les choses.
Là, je vous donne le scoop, puisque j’ai contacté la responsable de secteur…
4/ Je vais donc vous raconter l’histoire vraie de ces billets de comportements, mis en place depuis l’an passé (et, comme je m’en doutais, le maire et ses élus du Conseil n’ont RIEN à voir là-dedans… !!!)
Soit dit en passant, ça fonctionne pas mal… !!! Mais je m’en doutais déjà.
* Un directeur d’école demande qu’on mette en place une action avec les enfants pour réfléchir à un meilleur respect du règlement de cantine, de façon à ce qu’il y ait moins de soucis pendant le temps repas, et que donc, les élèves arrivent en classe moins énervés, la tête moins pleine des conflits qu’ils ont vécus ou observés le midi.
* La référente en discute donc avec sa responsable, qui est d’accord. On parle aux délégués de parents d’élèves du PROJET.
Et concrètement, voici ce qui est fait :
* On réunit les élèves 5 ou 6 midis de suite (pas tous les midis, une fois toutes les 1 ou 2 semaines), par groupes. On discute avec eux du temps repas, ce qu’ils en pensent, on revoit tous ensemble les droits et les devoirs des enfants comme des adultes. On fait des constats, et surtout, on réfléchit : comment faire pour que ça se passe mieux ? On prend des notes… Et ces notes se finalisent pas les documents que l’on a présenté sur ce blog et celui de Fansolo, associés à un règlement de cantine évidemment. (règlement qui existait déjà, mai qui prend plus de sens pour les enfants qu’ils ont travaillé à son élaboration)
Une fois les documents prêts, on revoit les enfants, pour les leur présenter, puis, on met en place le système.
IL NE S’AGIT PAS de NIER que cette action aurait pu être évitée si la mairie avait une réelle ambition de bien-être pour les enfants.
Cela s’appelle faire des conseils d’enfants, et c’est tout le contraire d’une action réactionnaire… C’est profondément CITOYEN.
Contrairement à ce que vous pourriez croire, ça marche plutôt pas mal, et cela intéresse d’autres écoles.
MAIS dans l’état actuel de la situation, c’est… comment dire ? Moins pire ?
5/ SIGNATURE de l’enfant : LE RETOUR… ;-)
Voyez-vous à présent pourquoi la signature de l’enfant a tout son sens ? Il apprend !! On ne le fustige pas : on lui pointe ce qui cloche, on le félicite quand il fait des efforts, et il ne signe pas au hasard, il réalise ce qu’il a fait, que ce n’est pas autorisé ou au contraire que c’est super, il constate où il en est. Demandez à vos enfants : depuis la maternelle, il savent tous le règlement par cœur. Mais cela signifie-t-il qu’ils l’appliquent, le respectent, et surtout, qu’ils se rendent compte que tel acte à tel moment est le bon ou pas par rapport à ce règlement ? Ils sont encore beaucoup dans le spontané…
Là, grâce à ce billet, ils apprennent à réaliser leurs actes et à les contrôler pour qu’ils soient MOINS spontanés. (soit dit en passant, je crois –je crois- qu’on a tous de temps en temps les mains qui démangent face à des situations injustes, une colère profonde qui nous chatouille… mais nous avons appris à nous contrôler, que la violence n’était pas la solution, qu’elle n’était pas dans le contrat implicite que l’on passe avec la société quand on y vit).
Dans le cas qui nous occupe, c’est d’autant plus intelligent de faire signer l’élève qu’il a participé à l’élaboration du document et du règlement. Il connaît les règles, et apprend à se contrôler pour que tous puissent mieux vivre ensemble.
Etes-vous choqués, les uns et les autres, quand votre enfant signe le règlement de l’école ou du collège ? Est-ce « n’importe quoi » ?
Etes-vous choqués quand certains enseignants tiennent à ce qu’il signe son bulletin scolaire, voire même qu’il ait sa place pour y ajouter un commentaire, une observation, comme on le droit de la faire le maître ou le prof et ses parents ? N’est-il pas le PREMIER concerné dans tout cela ? N’est-ce pas LUI qui s’engage à faire attention, et non ses parents ?
Entendez-moi bien, il est normal que les parents signent, gage qu’ils sont informés. On sait bien que dans l’idéal, les parents sont acteurs partenaires avec l’école et le périscolaire, mais on sait tous bien aussi qu’il y a des cas où c’est moins simple.
Mais je constate que le numéro de tel de la référente cantine est sur la carte, et elle s’engage donc à être ouverte au dialogue, ce qu’elle est d’ailleurs, allez vous informer auprès des familles concernées.
6/ CE QU’IL FAUDRAIT REELLEMENT FAIRE :
Je sais que j’ai encore été longue.
J’espère que vous comprendrez mon point de vue.
Je parle avec le cœur de quelqu’un qui connaît bien les terrains difficiles, et qui a aussi quelques idées sur ce qu’il faudrait faire pour que ça change.
Mais allez faire comprendre à une mairie qu’il faut :
- AU MOINS qu’elle triple ou quadruple le personnel encadrant,
- qu’elle fasse de PROFONDS REAMENAGEMENTS des locaux et non seulement qu’elle installe des mini cloisons de bois entre les tables (quand elle les met !),
- qu’elle crée des espaces verts, apaisants, DANS les cours d’école et non seulement sur ses murs extérieurs (hic !),
- qu’elle fasse repeindre les locaux intérieurs avec de la peinture de qualité et non seulement au plus bas prix, pour que ça ne se dégrade pas en moins d’un an ou deux, et que les enfants évoluent dans des murs agréables, qu’ils auront plus envie de respecter que s’ils sont délabrés…
- etc., etc.
Que le cadre de vie participe à la qualité des relations… Qu’on joue gros, en somme !!!
Allez donc faire comprendre qu’il faut donc que la mairie dépense des sommes faramineuses pour… quelle visibilité immédiate vis-à-vis des électeurs ? La gare, au moins, ça se voit tout de suite...............
Les bons résultats seront dans le bien-être des enfants et des adultes encadrants, ils ne seront pas quantifiables. Et pourtant, dépenser tout cela, c’est faire un sacré investissement pour la société de demain… et même pour celle d’aujourd’hui… Mais allez faire comprendre ça… Aux élus comme aux électeurs d’ailleurs.
Sur ce, et avec ton mon respect sincère, je vous souhaite plein de bonnes choses et la meilleure analyse de la situation.
C’est toujours positif quand on peut débattre, ça nous fait avancer, et je vous remercie donc de nous en donner, à tous, la possibilité.
Bien à vous,
Polyborus
(PS pour Miguel : Ecrivant sur un blog public, vous pouvez tout à fait me citer ailleurs… Je crois en ce que je dis, donc j’assume mon point de vue, même si je peux entendre les critiques et que je comprends très bien qu’on puisse ne pas être d’accord sur tout !)