Mon Orleans
Ainsi, pour les "mauvais éléments", la fiche est toute rouge !
Je ne réussis pas à croire qu'avant l'invention de ces "cartons rouges", on ne signalait pas aux parents les mauvais comportements de leurs enfants...
Et si quelques critères sont indiscutables, d'autres comme "Mange dans la cour" ou "joue dans les toilettes" ou pire "Se sauve dans des lieux non autorisés" me laissent plus que rêveur ! Quels sont les professionnels qui ont mis cette liste au point ?
Les commentaires faits sur mon article précédent, ont montré que personne ne sait bien d'où ça vient... même pas l'élue présente au conseil d'école, semble-t-il.
La responsable de secteur, contactée, n'est pas disponible : "elle est souvent sur le terrain". On attendra donc un peu avant d'en savoir plus...
Je serais encore gamin, entre les cartes pokemon et les figurines starwars (quoi ? qui a demandé pourquoi le conditionnel ?) je chercherai à toutes les collectionner !!!
Je serais capable de fiche exprès le bazar à la cantoche pour ramener une belle red-collector-card qui déchire !!!
Ben oui... Le procédé et la forme sont très discutables, je suis bien d'accord.
La couleur aussi, car elle choque, et met sur un pied d'égalité de gravité les différents manquements listés... ce qui n'est évidemment pas le cas.
On imagine rapido la réaction de parents normaux d'un minot normal (ni sage ni pas sage, un minot quoi), qui aurait sorti ses cartes yu-gi-oh dans les toilettes et qui aurait pris un carton rouge pour ça...
MAIS...
Ben oui, je sais, je dis "mais"...
Les écoles d'Orléans, pour certaines (je ne souhaite pas généraliser, mais il y en a) peuvent être TRES TRES difficiles à gérer. On y trouve des cas de misère sociale et affective incroyable, des pitchounes complètement paumés qui appellent au secours en faisant des trucs INIMAGINABLES.
Dans la cour, à la cantine, en classe, les enseignants et les équipes du péri-scolaire gèrent beaucoup trop de conflits en même temps. Et pas que de petites disputes.
Les parents, pour certains, sont à ce point révoltés par leur situation sociale et familiale personnelle qu'ils se révoltent contre tout ce qui représente l'état, donc l'école aussi.
Désobéir au maître ou au référent cantine devient presque une façon d'être bien vu par ses parents, quand ils s'en soucient. Parfois, leur situation est telle que l'école leur passe bien au-dessus... ... ...
Que faire alors sur le terrain ?
AUGMENTER les EFFECTIFS de PERSONNEL EDUCATIF, pour gérer les enfants par plus petits groupes et apporter un confort auquel, pour le moment, ils n'ont pas accès sur certaines écoles.
Avez-vous déjà géré les copains de vos enfants à un anniversaire ? Combien en supportez-vous en même temps dans votre salon ?
Le problème est exactement le même pour les structures qui gèrent des enfants pendant que les parents travaillent : plus les locaux sont grands pour un groupe donné (question d'espace vital, si vous voyez de quoi je parle. La différence entre 5 minots dans votre salon, et 10...), plus il y a d'adultes pour gérer, mieux cela se passe.
Or, sur le temps de cantine, les personnels sont mal formés (Certains ont bénéficié d'une formation à force de la demander à la mairie d'Orléans mais de quelle durée et de quelle qualité ? Très discutable. ). Ils sont, surtout, beaucoup trop peu nombreux. Savez-vous le temps moyen accordé à chaque enfant en maternelle vu le temps de repas et le nombre d'adultes pour gérer ?? Je n'ai plus le chiffre en tête, je ne veux pas dire de bêtises, mais c'est dérisoire, et tout à fait insuffisant pour couper la viande et faire le minimum que vous attendriez pour vos enfants.
Du coup, quand on bosse avec des enfants en grande souffrance (Ils sont plus qu'on ne le croit dans certaines écoles... Je ne connais pas le cas de l'école Charles Pensée, indiquée ici sur l'entête du carton rouge, mais j'en ai d'autres en tête, et pas forcément en zone prioritaire... Le nombre d'enfants avec troubles graves du comportement est effrayant.) comment gérer leurs crises ?
OUI, ils se sauvent dans des lieux non autorisés !! Ils appellent au secours. Et quels lieux non autorisés ? Les classes, les couloirs...
De là à faire ce carton rouge, bien sûr qu'il y a un pas qui n'aurait pas dû être franchi. Mais il traduit non pas la volonté de nuire, mais le DESARROI des personnels encadrants.
Ils n'en peuvent plus. Quand ils signalent des problèmes de comportement aux parents, certains réagissent très bien, et acceptent l'autorité des personnels sur le temps de cantine, mais d'autres fois, les parents se moquent d'eux, et du coup, les enfants n'écoutent plus, et montent le niveau de dangerosité de leurs actes, pour appeler à l'aide.
Donc ma réaction n'est pas : "OUH, que c'est mal !!!"
Ma réaction est : "Que ces personnels doivent souffrir pour en arriver là !!"
Que fait Serge Grouard en effet ? Pourquoi n’entend-il pas, depuis des années, quand ses personnels de terrain, ou les référents de ces personnels, lui font remonter qu’il faut PLUS de personnel encadrant, qu'il faut revoir les locaux d'accueil ?
Pourquoi l’expression de leur souffrance ne le fait-il pas bouger ? En tant que leur employeur, ne leur doit-il pas protection ?
Aah, bien sûr, on me dira qu’il a bougé : Il a mis en place, avec M. Montillot, une cellule de veille éducative impitoyable et même tyrannique, pour menacer les familles en difficulté. Répression, répression… Et le soutien, et l’aide, et l’écoute, et l’attention, et la considération pour les familles qui ne s’en sortent pas ?
Bien souvent, elles n’ont pas appris à s’en sortir, parce que les parents ont eux-même été des enfants non éduqués par des parents en souffrance immense…
Leur taper dessus est-il LA solution ? Moi, je fais le pari de l'éducabilité, y compris des parents démissionnaires.
Bref, ce CARTON ROUGE doit nous faire nous poser des questions en effet.
Mais je dirais plutôt :
« Pourquoi en est-on arrivés là ? »
et :
« Que faire pour aider les personnels qui ne s’en sortent pas ? » qui passent bien sûr par :
« Que faire pour aider les minots qui ont des troubles du comportement importants ? »
Sur ce, merci de l'existence de vos blogs citoyens.
Bien à vous,
Polyborus.
je suis d'accord avec vous : ce procédé nous pose à tous des questions. Votre constat de la dureté des conditions de surveillance des enfants est bon mais comme vous dites : comment en arrive-t-on là ?
Là : ça veut dire quand même surtout mettre en place en douce et sans concertation aucune avec les parents, les enseignants, le rectorat, les associations, un dispositif absurde et réactionnaire !
Sans se cacher derrière son petit doigt, il faut dire quands même que l'actuelle municipalité nous a caché les problèmes à coup d'artillerie lourde montillesque, aussi disproportionnée qu'inadaptée...
Le résultat est là : impitoyable et sans appel pour les équipes en place : aucune concertation, aucun débat et une "mesure" abjecte sortie d'on ne sait-z-où, au mémpris de toutes les règles de la démocratie locale...
Ca fait vraiment peur !
Démocratie ? Ah oui, démocratie, qui sert à donner les clés de la mairie, de fermer les yeux pendant 6 ans, et de constater les dégâts au bout du compte ...
Y a t-il une vrai démocratie dans certaines communes de l'AgglO, vue ce que l'on met en place dans les cantines d'Orléans ?
Je sais, je sais, j'entend en ce moment souvent le même refrain : mais Sarkozy, Grouard et les autres ont été élus démocratiquement !!! Alors, laissons les faire ... Faut-il laisser faire et ne rien dire, même si OUI le vote des élus est démocratique, ou faut-il mettre une "veille" sur tout ce qu'ils nous font ? Vaste question, débat lancé lors de la présidentielle par Ségolène Royal mais déjà oublié ...
Alors merci CDG de nous proposer ce genre d'article qui nous éclaire vraiment sur certains aspects de la politique de la ville d'Orléans. Malheureusement, ce genre d'infos n'arrivent pas souvent dans les bureaux des journalistes, ou sont-il aveugles devant l'énormité de certaines infos ?
Mais bon c'est bien triste quand meme
Vous pensez et écrivez (Fansolo par ex) que ces billets de comportement ont été mis en place sans aucune concertation...
En êtes-vous sûr tout d'abord avant de l'affirmer ?
Ensuite, vous citez des exemples :
Aucune concertation :
Avec les parents : question : avez-vous vérifié auprès des délégués de parents d'élèves ?
Avec les enseignants : lorsqu'il y a des difficultés sur le temps de cantine, l'école peut en être informée, mais il s'agit là du temps repas qui est un temps "mairie", donc il n'est pas du tout obligatoire de consulter les enseignants.
Avec le rectorat : pardon mais on parle ici d'une école, pas d'un collège ou d'un lycée. On n'a donc pas affaire au rectorat mais à l'Inspection Académique. De plus, si un personnel de terrain payé par la mairie consultait l'I.A. pour ce type de billet de comportement, je pense qu'on lui répondrait que cela ne concerne pas l'I.A., vu que ce n'est pas un temps "scolaire" mais "périscolaire".
Avec les associations : lesquelles ? Aucune n'intervient sur le temps de cantine pour aider les personnels des écoles difficiles sur Orléans : ?
Il a été écrit quelque part que l'élu(e) au conseil d'école de Charles Pensée n'était pas au courant de cette mesure. Cela vous surprend tant que ça ?
Depuis quand informe-t-on un(e) élu(e) d'une grande ville comme Orléans de toutes les mesures prises sur le terrain pour tenter de résoudre une partie des soucis de comportement à la cantine, alors même que la mairie vous a déjà répondu qu'il n'y aurait pas davantage de personnel, voire même qu'il y en aurait moins (suppression des postes de remplaçants par exemple) ?
Avez-vous seulement bien regardé ces billets ? Est-il quelque part indiqué qu'il remontera à la mairie ensuite ??? Non.
Je pense que cela n'a rien à voir avec la veille éducative de ce Môôssieur Montillot.
Il est indiqué le service dont fait partie la personne qui l'a construit : l'action scolaire. Pourquoi ? De façon à ce que les parents sachent d'où cela vient, et ne confondent pas un temps "mairie" avec un temps "école".
Le fait que l'enfant signe n'a rien de révoltant : il doit agir sur son comportement, et non le subir. En signant un petit document avec ses parents et la responsable de la cantine, il prend conscience de l'importance de ses actes, positifs ou négatifs.
Il existe un gros mot pour cela : on appelle cela la métacognition. C'est l'une des bases de l'apprentissage pour devenir citoyen. Ou comment prendre du recul sur ses propres actes et réfléchir en prenant conscience de ce qu'on fait. Je trouve que c'est un procédé trop intelligent et trop constructif pour venir des pontes de cette mairie.
Je crains que depuis le départ de tout ceci, vous ne vous soyiez trompés de combat, que vos sentiments à l'égard de M. Grouard et ses élus ne vous égarent.
(M. Grouard que je respecte ici parce que j'écris sur un blog public, mais pour qui j'ai fort peu d'estime, à tous niveaux, et sur la plupart des sujets dont je suis au courant sur la commune, tant sur la gestion des services municipaux que sur les liens avec les assos, la politique culturelle, la "sécurité", etc etc etc)
Je crains que vous ne jetiez la pierre à du personnel de terrain qui essaie de s'en sortir quand ses appels au secours ont été ignorés par les élus.
Parce que je vous le rappelle, la mairie d'Orléans qui est à blâmer, c'est celle qui est composée des élus, pas les personnels.
Et très franchement, je le répète, je doute que ce soit quelqu'un d'en haut qui ait pondu ceci tout seul ! Celui ou celle qui a écrit cela est trop au courant des différents soucis possibles sur le terrain dans le comportement de l'enfant. Et il ou elle est également trop conscient qu'il faut tout autant le réprimander quand il fait des bêtises que le féliciter quand il a fait des progrès ou des efforts (voir le billet blanc en bas à gauche).
Bref, j'ai mon idée sur la question, et je vous tiens au courant dès que j'en sais plus.
Que l'on trouve regrettable d'en arriver là, et la forme proposée, soit.
Mais je n'y vois aucune malice. Juste un moyen certes maladroit d'essayer d'arranger les choses.
A confirmer donc...
Bien à vous,
Polyborus.
autant je suis d'accord avec votre premier commentaire (que je reprendrais bien Coté boulevard), autant je ne peux pas laisser dire que faire signer un papier à un enfant est une solution à quoi que ce soit. Je trouve ça vraiment choquant.
La signature est une chose d'importante, si on commence à faire signer n'importe quoi aux gosses, que signeront-ils une fois adultes ?
Et si on mettait en place la même chose pour les élus orléannais, peut-on croire qu'ils accepteraient ?????