Mon Orleans

chauffage_urbain.jpg Un honorable lecteur m'a contacté il y a quelques temps pour me parler de sa facture de chauffage.

Son appartement, situé dans un de ces immeubles construits après guerre en centre-ville, bénéficie du service public de la chaufferie centrale.

Dans toutes les villes de France, ce système est à la fois économique et écologique.

Pour l'écologie, je ne sais pas ce qu'il en est, mais pour l'économie, notre lecteur se plaint.

Pour un appartement de 80 m2, ses factures de janvier et février s'élevaient à plus de 160€ pour l'une et plus de 180€ pour l'autre !

J'ai voulu comparer avec les factures reçues par d'autres résidents d'immeubles similaires, situés aussi en centre-ville. Dans cet autre appartement situé non loin, et de construction et d'aménagement similaire, la facture de janvier dépasse les 130€.

Les tentatives de demandes d'explication se sont soldées par un "C'est fixé par la mairie". Ce qui, si c'est sans doute en partie vrai, n'est pas suffisant.

Tout habitant qui a dépassé le cap de l'école primaire se dit qu'en regardant sa facture d'un peu plus près, il comprendra.

Et voici ce que le premier résident voit pour explication de sa facture :

sodc_1-copie-1.jpg

Le second, qui semble bénéficier d'un tarif un peu plus avantageux, le doit sans doute à deux formules de calcul qui ne sont pas plus simples, loin de là :

sodc_2-copie-1.jpg
sodc_3-copie-4.jpg
Et là, les résidents comprennent qu'on ne les renseigne pas par téléphone : personne n'est capable d'expliquer une formule aussi fumeuse !

Je le disais au début de cet article : dans toutes les villes qui ont installé un réseau de distribution de chaleur, cette solution est à la fois utile du point de vue de l'environnement, et économique pour tous.

Il ne faudrait pas qu'une telle opacité dans la facturation éloigne les orléanais de ce système, dont on sait qu'il est déjà attaqué par les autres fournisseurs d'énergie !

 

Mer 26 mar 2008 23 commentaires

Excellent article qui montre deux choses :
- l'opacité de ces factures...sauf à être expert je ne vois pas qui pourrait traduire ces signes cabalistiques ?
- ce type de formule, que j'ai bien connue dans mon cursus, emploie à outrance les "variables" ou autres "constantes". Cela permet aux "receveurs" de suivre allègrement  les aléas  de notre économie...surtout en ce moment.
Je n'ai pas besoin de conseiller à tes deux "honorables lecteurs" de garder à l'esprit ce qui sort de leurs poches par rapport à ce qu'ils gagnent réellement…On appelle cela le « pouvoir d’achet…non ?

Excellent article qui montre deux choses :
- l'opacité de ces factures...sauf à être expert je ne vois pas qui pourrait traduire ces signes cabalistiques ?
- ce type de formule, que j'ai bien connue dans mon cursus, emploie à outrance les "variables" ou autres "constantes". Cela permet aux "receveurs" de suivre allègrement  les aléas  de notre économie...surtout en ce moment.
Je n'ai pas besoin de conseiller à tes deux "honorables lecteurs" de garder à l'esprit ce qui sort de leurs poches par rapport à ce qu'ils gagnent réellement…On appelle cela le « pouvoir d’achet…non ?

BCT - le 26/03/2008 à 07h54
Bonjour,

Il est nécessaire aujourd'hui que chacun prenne conscience des économies d'énergie qu'il peut faire. Cependant, avec les formules proposées ci-dessus, je ne vois pas comment je peux m'impliquer dans cette réflexion. Ce sujet devra être abordé par le nouveau conseil municipal. On ne peut pas laisser produire de l'énergie sans avoir un contrôle sur sa propre gestion, et son envie de protection de l'environnement. Je vais prendre mon exemple, je suis chauffé en collectif et je paie à la surface (en millième) que ce soit pour mon appartement comme les parties communes. Je n'ai aucun moyen de contrôle individualisé. Quelqu'un connaît-il un moyen simple à mettre en place et sûr ?
Cela a pour conséquence que si mes voisins chauffent et que j'essaie d'apprendre à mes enfants une gestion plus saine pour effectuer des économies d'énergie, j'aurai au final la même facture. Elle se calcule par le coût global divisé par les surfaces des appartements de l'immeuble et elle augmente tous les ans...
Merci pour cet article qui j'espère fera prendre conscience au gens que nous ne faisons que payer san scontrôle... à moins que je sois le seul ?
Alain ROUSSELET - le 26/03/2008 à 09h05

C'est aussi avec cette formule que certains prennent des décisions à la mairie d'Orléans ?... On comprend mieux le pourquoi du comment !!! C'est vraiment un sac de noeuds dans la tête de certains de nos dirigeants ...

Moonbloggeur - le 26/03/2008 à 09h25
Bien vu "ROUSSELET".
BCT - le 26/03/2008 à 15h14
Et bien chez moi (plein centre ville), avec un compteur collectif et un appartement de 58m², j'ai signé un chèque à la SODC de 145€ en janvier. Depuis Octobre, mon chauffage (et encore certains soirs il fait un peu frais chez moi) m'a coûté 571€...
Rom - le 26/03/2008 à 19h19
Pfff CDG t'es nul! Trop simple cette formule ... Je te donnerai un petit coup de main en maths si tu veux! :)
Gregz - le 26/03/2008 à 20h21
Merci pour cet article, CDG.

L'opacité m'énerve. On ne comprend rien à rien. Demandez à un orléanais de base (comme moi) comment sont évalués ses impots locaux. Idem.
On paie et on la boucle.  C'est sans doute normal mais un peu agaçant à la longue...
Miguel - le 26/03/2008 à 20h31
Je suis l'honorable lecteur cité dans l'article. Rassuré de voir que je ne suis sans doute pas aussi benêt que cela : ces formules sont donc bien incompréhensibles. Comme Miguel, le principe du "cherche pas comprendre et paye" me révulse. Par ailleurs, comme le note un commentaire, ce mode de chauffage (au gaz donc super émetteur de CO2) et le mode facturation rendent illusoire toute possibilité de maîtrise de sa consommation. Bref pour notre mairie qui se gargarise de développpement durable, là pour le coup, c'est raté, il n'y rien de durable !!!
Alexis - le 20/04/2008 à 22h28
   Bonjour à tous.

   Bravo pour la qualité de rédaction de ce blog.
   Par contre, nous nous permettons d'émettre un avis différent sur la question du chauffage urbain.
  
   Nous sommes un groupe informel de locataires de Vaulx en Velin, libre de toute appartenance politique ou religieuse.

     Le dossier du chauffage urbain ou réseau de chaleur est, pour nous, emblématique des banlieues dans les domaines juridique et économique.
      Nos analyses s'appuyent sur les rapports de la Cour des Comptes, le Ministère des Finances, le Conseil de la Concurrence et l'Ecole desMines.


1er point : l'opacité de la facturation.


   Elle est général, elle concerne tous les réseaux.

     Le diagnostic du rapport Prévot - Ministère des Finances - mars 2006  est des plus clairs. Page 70, il est écrit que " Il est vrai que la facture est incompréhensible et que les comparaisons entre les réseaux de chaleur sont très malcommodes, pour ne pas dire impossibles"


   Le décret n° 81-542 du 13 mai 1981 de la loi n°80-531 du 15 juillet 1980.
 Il était fait obligation au chauffagiste de publier un bilan annuel des énergies utilisées selon leur origine, comptes de résultats en recettes et dépenses, état des conditions tarifaires consenties aux différentes catégories d’abonnés, les conditions de dérogation à l’obligation de raccordement, etc.

  •   Dans l'avis n° 98-A-18 du Conseil de  la Concurrence, il est écrit : " Il doit être rappelé que la loi n° 80-531 du 15 juillet 1980, malgré l'adoption d'un décret d'application, n'a jamais été mise en oeuvre." 
  •  
  •   Ce constat date d'août 1999, cad 18 ans après la publication du décret en question.

2ème point : l' aspect écoloqique de ce type de chauffage.

  La cogénération : son principe consiste à produire de la chaleur et de l'électricité (vendue à EDF) à partir du gaz de combustion grâce à une turbine. Un procédé écologique par excellence donc.

    Sauf que selon actu-environnement, le bilan est mitigé au niveau des rejets des gaz à effets de serre. Le plus suspect, c’est qu’aucune étude sérieuse n’a été menée.

   Par contre, une étude a été conduite par le Ministère des Finances :

" Il n’est pas étonnant que les gestionnaires de réseaux aient développé ce mode de production de chaleur (la cogénération), financé par les utilisateurs d’électricité en définitive. Cela leur a permis de passer une période rendue pour eux très difficile par la baisse du prix du pétrole." ( les réseaux de chaleur - Rapport de Henri Prévot Ingénieur général des mines - Ministère de l’Economie, des Finances et de l’Industrie - 29 mars 2006 - p.21)


3ème point : est-il économique ?


     La méthode employée : comparaison du coût du chauffage au m² entre résidences à loyer social de Vaulx.
       - 4,72 € le m² en 2005 pour la résidence André Chenier (selon un courrier du 25 sept.2006 d'Alliade) avec un chauffage par chaudière d'immeuble.
       - 11,14 € le m² en 2005 pour la résidence Verchères et 10,42 € le m² pour celle de Renoir (selon un document de l'OPAC du Grand Lyon) avec le chauffage urbain.

      - soit un chauffage 236% plus cher d'une résidence sociale à l'autre.


 

4ème point : les économies de chauffage


Les économies d'énergie sont-elles compatibles avec les réseaux de chaleur urbains ?


   Les lignes suivantes, tirées d'une étude gouvernementale, le disent sans ambages, c'est non.

   Dans le rapport Prévot - Ministère des Finances - mars 2006* , il est écrit :
    - page 41 : " Les efforts d'économie d'énergie - isolation des bâtiments, efficacité des moyens de chauffage - rendront-ils les réseaux de chaleurs définitivement trop coûteux ? "


   On comprendra mieux pourquoi nous cosidérons le chauffage urbain comme représentatif de tout ce qui ne va pas dans nos ZUP.

  Le renouvellement urbain en faisant l'impasse sur ces dossiers risque de provoquer des effets contraires à celui recherché, la mixité sociale.


                                                  Momo le zupien

Si c'est autorisé, voici le lien de l'article de notre blog d'où sont tirées les informations citées plus haut :
http://vivre.a.vaulx.over-blog.net/article-5976022.html




  

un zupien de vaulx en velin - le 24/04/2008 à 11h58
Bonjour,
 
je suis prorpiétaire d'un appartement de 105 m2 situé à Orléans chauffé par la SODC pour la "modique" somme de 280 € par mois.
Comme beaucoup d'habitants de mon immeuble, je souhaiterais résilier mon contrat à la SODC. Mais est-ce possible ? Quelqu'un a-t-il déjà entendu parler d'un immeuble qui se serait désolidarisé de la SODC... pour adopter son propre moyen de chauffage.
Merci par avance.
Nickpeps - le 13/05/2008 à 20h33